Le réalisateur égyptien Yousry Nasrallah, en compétition à Cannes avec « Après la bataille », a indiqué jeudi en conférence de presse qu’il ne voulait pas que le film soit vendu à Israël, estimant que ce pays n’est « pas un allié » de la révolution égyptienne.
« Je ne sais pas du tout si le film a été vendu à Israël mais si vous voulez connaître mon avis, non je ne veux pas qu’il soit vendu à Israël
Présenté jeudi, « Après la bataille », l’un des 22 films en lice pour la Palme d’Or, suit l’un des cavaliers des pyramides au Caire qui, privés de touristes et donc de moyens de subsistance pendant la révolution en 2011, fondirent sur la place Tahrir pour charger les insurgés.
Source: www.lemonde.fr
Le garçon est, à travers son geste, devenu rapidement une petite célébrité dans les pays arabes.
Muhammad Hamida est le nom du petit boycotteur tunisien.
Le boycott sportif contre Israël se concocte, semble-t-il, dès le plus jeune âge.
Malgré son âge, les médias arabes ont interprété son geste comme une position sans équivoque contre la normalisation des relations de la Tunisie avec Israël et comme un soutien à la “cause palestinienne”.
640 participants à travers le monde ont participé à ce Championnat du monde d’échecs qui a eu lieu en Roumanie.
Dans le cadre de la compétition, Hamida devait rencontrer son adversaire israélien, mais il a préféré se retirer de la compétition.
Le Directeur du Ministère de la Jeunesse et des Sports de la bande de Gaza, Ahmed Machisan, a exprimé sa gratitude à Hamida pour sa “bravoure” pendant le tournoi, louant en outre la “noblesse” de la Tunisie à l’égard de la “question palestinienne”.
Un désaccord profond subsiste en Tunisie concernant la normalisation des relations avec Israël.
Le ministre tunisien de la jeunesse et des sports a indiqué que la Tunisie serait disposée à recevoir une aide humanitaire en provenance d’Israël mais l’opposition a jugé sa déclaration “provocatrice et déloyale”, certains membres du parlement lui demandant de présenter des excuses pour cette prise de position.
Dans le même temps, le Bureau israélien de lutte contre le terrorisme (CTB) a récemment publié un avis contre les voyages en Tunisie, à la lumière d’intentions présumées de mener des attaques terroristes dans le pays contre des cibles israéliennes et juives.
De façon générale, le boycott de pays islamiques lors de matchs avec des athlètes israéliens n’est pas un phénomène nouveau. Aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, le judoka iranien Arash Miresmaeili avait aussi refusé de rencontrer l’israélien Ehud Vaks alors qu’en novembre 2011, un concurrent égyptien avait refusé de serrer la main du judoka israélien Ze’evi Arik.
Source:www.tunisia-express.com
Dans une école islamique d’un bidonville à Abidjan le 30 avril
Cette école ne dispose que de trois salles de classe, trois enseignans, et plus de 200 élèves tous venant des bidonvilles. Bien que les conditions scolaires soient très rudimentaires, les enfants ont un très fort désir d’apprendre à lire et à écrire.
Source: Xinhua
avr 12
21
Les vélos taxis, que les habitants locaux appellent ”boda boda”, sont populaires en banlieue de Nairobi, capitale du Kenya.
Les chauffeurs des vélos taxis et des motos taxis attendent leurs clients.
Les “boda boda” sont généralement décorés avec les couleurs vives et bigarrées.
Source: http://french.news.cn
avr 12
14
Source: http://www.lagoscarnival.com
La France se prépare à déstabiliser le Mali. Et pour cause ? Il y en a trois qui relèvent principalement des raisons classiques : les intérêts « français » et « individuels ».
Deuxième raison de la déstabilisation amorcée du Mali, l’influence géostratégique de la France sur l’Afrique néocoloniale.
Sans pétrole, les Maliens sont aujourd’hui fort différents de ce que, hélas, ils deviendront dans un proche avenir. Leur paisible existence n’est pas le fait de la pauvreté du pays qui les épargnerait du vampirisme de l’ancien colonisateur. Un ancien colonisateur qui, pour poursuivre le pillage de ses anciennes colonies, a toujours utilisé le principe de « diviser pour mieux régner ». Le Mali n’est pas en effet ce pays que l’on présente comme dépourvu des matières premières censées susciter la convoitise des requins occidentaux. Ce n’est pas rien que d’être, comme le Mali, le troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du sud et le Ghana. Son bétail, son coton, son fer, voire son arachide sont autant de produits d’exportation à forte demande mondiale.
Avec le pétrole, les Maliens recevront bientôt un devenir formel et temporel. Tout ce qui en eux de spirituel actuellement se muera en chair, matière, instrumentalité et réceptivité… exactement comme au Congo Brazzaville ! Larmes et sang couleront bientôt dans la miséricorde d’une France, elle aussi en larmes de crocodile, qui se dira totalement effondrée par la pitié pour ce peuple africain dont elle n’aurait toujours voulu que du bien mais qui aurait préféré vivre dans des souffrances volontaires. Cette pauvre France qui sera encore obligée d’intervenir au Mali comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire et en Libye où le peuple savoure désormais le fruit de la démocratie comme jamais il n’en était aussi savoureux dans aucune autre grande démocratie du monde.
La troisième raison de la déstabilisation du Mali par la France, enfin, relève de la mesquinerie d’un homme : Nicolas Sarkozy. De Dominique de Villepin à Mouammar Kadhafi en passant par Laurent Gbagbo, chacun d’eux (du moins pour les survivants) a souvenir que Sarko n’oublie ni ne rate quiconque l’aurait éclaboussé sur le chemin de ses abus du pouvoir au point de réduire en affaire personnelle toute affaire d’État qui oserait contrarier sa vision des choses. Mieux que tout citoyen malien, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’Amadou Toumani Touré était à un mois de sa retraite politique et ne se présenterait plus à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril 2012. Malgré tout, lui laisser partir sans l’humilier passerait Sarko pour vaincu ; d’où le putsch qui n’aura eu ni sens ni fondement. En incitant une partie de l’armée malienne à destituer un président en fin de mandat, Sarko a voulu tout simplement se faire plaisir, montrer qu’il reste le chef et pousser ses obligés (CEDEAO, larbins des palais, etc.) à s’occuper, à se rendre indispensables et à finir par décliner leur impuissance pour les obliger de faire appel à l’éternel sauveur, la France.
Parvenue à ses fins, la France dirait qu’elle n’aurait rien fait en soi qui ne fût un ordre venu des Africains eux-mêmes ou de l’ONU. Vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ATT aura ainsi payé un temps ses doutes dans la manière d’instaurer la démocratie en Côte d’Ivoire et son opposition à l’assassinat de Kadhafi par Nicolas Sarkozy, au nom de la démocratie alors qu’en réalité, les raisons de la haine sont strictement personnelles. ATT humilié, le putsch n’a plus de raison d’être ; les abrutis à l’ordre et au service du maître n’ont plus qu’à rétablir les institutions déclarées caduques il y a seulement quelques semaines et rentrer dans les casernes pour attendre, disciplinés, que l’armée véritable débarque de Paris pour venir tracer les limites de la division du Mali.
En entendant que les larbins d’Abidjan et de Ouagadougou, courroie de transmission via la CEDEAO, transmettent l’ordre venu de l’Élysée pour annexer le Mali au concert des nations non plus de la démocratie initiée par ATT mais de celle de la Françafrique, si chère aux valeurs de la République française. Et ce, pour de longs siècles encore, tant que la « mère patrie » trouvera sur le sol africain des répondants qui sont toujours prêts à passer pour de braves soldats… en fait de piètres serviteurs.
La littérature négro-africaine peut se définir comme la manière dont le négro-africain appréhende et exprime l’univers qui l’entoure.
Elle a été longtemps controversée et hâtée avec mépris par les occidentaux. Cependant avec la colonisation, par l’avènement de l’écriture, on assiste à l’émergence de nouvelles formes de littérature tenue par les premiers intellectuels noirs qui vont apporter la preuve que l’Afrique à belle et bien une histoire digne d’intérêts contrairement aux idées européennes qui faisaient table rase sur une Afrique culturelle.
Plus largement après le départ des colonisateurs, la littérature prendra un autre sens qui est de contester et de critiquer vivement nos dirigeants (Présidents de la République) africain.
Nous allons d’abord voir la littérature africaine avant la colonisation, puis pendant la colonisation et en fin après la colonisation.
a-La première période : Roman de consentement
Retenons que la littérature africaine était à ses débuts une littérature Orale. C’était une littérature fonctionnelle et pragmatique parce qu’elle épousait toutes les dimensions de la vie de l’africain (chasse, pêche, agriculture, naissance, mariage, mort…).Elle s’exprimait à travers les Contes, les Mythes, les Légendes, les Proverbes, l’épopée, les chants, les danses…
Elle était aussi fondée sur la gérontocratie et renforçait les croyances propres aux groupes. Son soucis était d’édifié, d’enseigné pour compléter la formation de l’individu. C’était réellement une littérature Culturelle ou de consentement.
Par contre, la littérature va changer de visage pour devenir une littérature de contestation.
b-La deuxième période : Roman de contestation
Longtemps méprisée et hypothéquée par les occidentaux qui en faisaient un repère de Sauvage et de Sorcier, l’image de l’Afrique noire n’émerge véritablement qu’à partir de 1750 date à laquelle de nombreux écrivains voyageurs apportent leurs témoignages le continent Africain. Toute fois, en 1830,la publication du journal d’un voyage à Tombouctou de René Caillé est le point de départ d’une abondante littérature de voyage et de découverte qui relance l’intérêt pour le continent Africain .
Avec la colonisation et par l’avènement de l’écriture, les premiers intellectuels noirs vont apporter la preuve que l’Afrique a belle et bien une littérature digne d’intérêts. Ils sont soutenus dans cette lutte par les africanistes : Maurice de la Fosse, George Hardy, Léon Frobenius…Le message africaniste se trouvera amplifier au niveau des intellectuels noirs basés à Paris qui mettent en place des Revues, des Maisons d’Edition, fondent une critique féconde à l’égard des occidentaux. Nous pouvons citer à titre indicatif : « Légitime défense et l’Etudiant noir ».Ainsi, cette littérature écrite avait donné naissance à une production littéraire abondante avec comme genre dominante la Poésie qui répondait mieux à l’état d’âme des africains longtemps dominer par les européens. A côté de la poésie, s’est développée une floraison de Romans.
C’est une période qui correspond au réveil du nationalisme consécutif africain aux bouleversements issus de la première guerre mondiale. C’est ainsi que certains nombre d’écrivains noirs qui ont participé à cette guerre ont pu voir les défauts et les faiblesses de ceux qui étaient idéalisés. Ainsi que le mythe de supériorité du blanc sur le nègre est désormais tombé. « Pour assoir une révolution efficace, il nous fallait d’abord nous débarrasser de nos vêtements d’emprunt, ceux de l’assimilation et affirmait notre être c’est-à-dire notre négritude »disait Léopold Sédar Senghor.
Ces écrivains ont pour objet : le réalisme social, la dénonciation ouverte du base du système colonial …C’est donc l’existence d’un roman africain très engagé et très vivant dans la lutte pour la liberté du peuple noir. On peut citer :
-Eza Boto dans Ville cruelle qui attire l’attention des africains sur les divers aliénations dans les coloniales ;
-Ferdinand Ognono dans le Vieux nègre et la médaille ;
-les Bouts de bois de Sembene Ousmane expriment la révolte et contestation directe contre le système colonial
C-La troisième partie : le procès des indépendances (de 1960 à nos jours)
C’est l’année qui a vu beaucoup de pays africains accéder à leurs indépendances et que la colonisation est en principe terminée. Un nouveau tournant est alors dans la littérature africaine avec la mobilisation de toutes les énergies nouvelles pour construire le continent africain.
Ainsi, les œuvres romanesques produites pendant cette période jusqu’à nos jours sont marquées par les critiques de nos dirigeants politiques. C’est vraiment une période de déception. En effet, on croyait que les indépendances allaient améliorer la situation des africains lorsque ces derniers seraient en fin par leurs frères noirs. Mais il s’est trouvé que les nouveaux maîtres étaient plus pires que les blancs .C’est ainsi que les écrivains s’attaquaient à la période des indépendances avec un regard critique sans complaisance.
On peut citer : Ahmadou Kourouma dans le Soleil des indépendances ; A Fantouré dans le Cercle des tropiques ont donné leur interprétation personnelle des guides providentiels.
Aujourd’hui, les problèmes de nos nouveaux dirigeants tournent au tour de 03 à 04 points essentiels :
-Soient ils ne sont pas nait en Afrique ;
-Soient ils se sont mariés avec les blancs ;
-Soient ils n’ont pas embrassés l’Islam ;
-soient qu’ils sont élus président aux bénéfices des occidentaux.
La littérature Africaine a permis de 03 époques correspondants à 03 générations de romanciers. Si les écrivains de consentement optent pour le non engagement face à la question coloniale, les romanciers contestataires orientent eux leurs critiques vers le pouvoir colonial et le régime postcolonial.
Source: membre honoraire d’Afran
INTERVIEW – La prise de pouvoir par les militaires au Mali et la mort de Mohamed Merah, qui a accompli des actes symboliques pour la mouvance islamiste, peut-elle jouer sur le sort des otages français détenus au Sahel ? Les réponses de TF1 News avec Atmane Tazaghart, spécialiste d’Aqmi.
Jeudi matin, l’armée a pris le pouvoir au Mali en déposant le président Amadou Toumani Touré. Elle reprochait au chef de l’Etat un manque de moyens pour combattre la rébellion touareg au Nord ainsi qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Les élections, prévues en avril, sont annulées. La junte promet cependant de remettre le pouvoir aux autorités civiles le plus tôt possible. L’ensemble de la communauté internationale condamne ce coup d’Etat.
La France, alliée d’Amadou Toumani Touré, suspend notamment sa coopération avec le Mali, sauf en matière d’aide à la population et de lutte contre le terrorisme. Six Français sont en effet retenus en otage dans le Nord du pays par Aqmi (voir notre infographie : “Les Français otages dans le monde“).
TF1 News : Quelles sont les conséquences possibles du coup d’Etat au Mali sur les otages français détenus par Aqmi si la junte se maintient au pouvoir ?
Atmane Tazaghart, spécialiste d’Aqmi* : Sur les négociations en elles-mêmes, les conséquences devraient être minimes. Certes, les émissaires du pouvoir qui vient d’être renversé sont généralement proches d’Amadou Toumani Touré. Mais ils n’agissent cependant pas au nom du gouvernement. Ils sont surtout à la recherche d’argent et de notoriété plutôt que de postes dans l’appareil d’Etat. Même si la junte se maintient au pouvoir, cela n’empêchera donc pas la plupart d’entre eux de continuer leurs médiations. En revanche, la nouvelle politique qui devrait être menée parmi les militaires aura probablement des répercussions indirectes sur les otages.
TF1 News : C’est-à-dire ?
A.T. : Les militaires réclamaient plus de moyens pour combattre à la fois Aqmi et les touaregs au Nord depuis que ceux-ci ont repris les hostilités grâce aux armes récupérées en Libye. A priori, ils devraient donc lancer plus d’opérations dans le Nord du pays, vaste espace où agissent autant Aqmi et les touaregs, pour tenter de rétablir l’autorité de l’Etat malien.
Pour l’instant, les otages se trouvent probablement quelque part dans cette région du Nord du Mali. Les groupes liés à Aqmi au Sahel étant très mouvants, cela pourrait donc conduire l’organisation à déplacer les otages -dont on sait qu’ils sont séparés- au Niger voisin, voire en Libye. Selon une information des services maliens, validée par les autres services de renseignements étrangers, Mokhtar Ben Mokhtar, l’un des émirs d’Aqmi, s’est en effet rendu en Libye. Certainement pour nouer des liens avec les groupes islamistes libyens en train de se structurer afin de s’assurer, au cas où, une zone de repli.
TF1 News : Se pose aussi la question de la réaction des pays concernés par la lutte anti-terroriste dans la région.
A.T. : Tout à fait. On ne sait pas comment la France, dont les services coopèrent avec ceux du Mali mais aussi de la Mauritanie et du Niger, va réagir sur le moyen terme. Les mutins ont d’ailleurs probablement profité de la tuerie de Toulouse, qui monopolise tout le pouvoir en France, pour agir. L’attitude algérienne, également concernée par le problème touareg et bien sûr par Aqmi, sera aussi importante.
TF1 News : La mort de Mohamed Merah, qui se revendique d’Al-Qaïda, peut-elle également avoir des conséquences sur les otages ?
A.T. : Tout d’abord, Mohamed Merah n’avait rien du jihadiste traditionnel. Il s’agissait surtout d’un psychopathe qui a sombré dans une paranoïa lui permettant de lui faire croire qu’il était un jihadiste.
Mais un danger existe cependant : comme il se revendiquait jihadiste et qu’il a accompli des actes symboliques aux yeux de la mouvance (s’attaquer à la France en raison de sa présence en Afghanistan et aux juifs), une réaction est tout à fait possible. Avec la campagne électorale et l’agitation médiatique qui l’entoure, ce serait d’ailleurs le bon moment pour agir.
TF1 News : De quelle manière ?
A.T. : Trois solutions peuvent s’offrir à Aqmi si le mouvement veut réagir. Tout d’abord, une réaction symbolique : rendre hommage à Mohamed Merah et revendiquer son appartenance à l’organisation, ou du moins à Al-Qaïda. Ensuite, tenter une action d’envergure en France pour marquer la campagne. La volonté ne manque certainement pas. Mais étant donné le niveau de sécurité dans le pays, cela semble difficile. Dernière possibilité : le coup d’éclat, en utilisant et mettant en scène les otages, voire en procédant à une exécution.
Ecrivain et journaliste, Atmane Tazaghart est spécialiste algérien de l’islamisme. Il est notamment l’auteur de Aqmi, enquête sur les héritiers de Ben Laden au Maghreb et en Europe (Editions Jean Picollec, 2011).
Par Fabrice Aubert , le 22 mars 2012
Source:http://lci.tf1.fr
La proclamation d’une entité autonome dans l’Est libyen rappelle cruellement la réalité sociologique d’une Libye patriarcale et tribale.
Notons, au passage, que ce genre de structures sociales ne laisse aucune place au choix politique individuel et fait du vote d’une personne l’expression du choix du clan et non du sien. C’est dire l’imposture de ceux qui ont habillé la destruction de l’Etat libyen et de la Libye avec les oripeaux démocratiques déjà mis en haillons en Irak, en Afghanistan, à Ghaza, dans l’île de Grenade, à Guantanamo, dans le Patriot Act ou dans la légalisation américaine de la torture.
Pendant que la presse dominante encensait la destruction de la Libye, suivie, avec zèle, par la presse néocoloniale indigène, des dizaines d’articles et de textes alternatifs alertaient sur le web de l’inéluctable dislocation de ce pays avec la démolition de l’Etat libyen et des buts réels des agresseurs, lesquels avaient obstinément refusé les propositions africaines de négociations, acceptées du reste par Kadhafi. Il ne fait aucun doute que l’OTAN – et particulièrement le couple Sarkozy – Cameron – cherchait à infliger à la Libye le maximum de destruction et laisser le maximum de blessures et de rancœurs insurmontables. Ces analyses dévoilaient les buts stratégiques de morcellement du pays après la division du Soudan, et ce, afin de créer sur toute la zone sahélienne des mini-Etats en guerre et en demande permanente de protection extérieure, en contrepartie du bradage de leurs ressources.
La partition de la Libye n’est ni un accident ni un effet « non désirable ». C’était le but même de la guerre. Sarkozy et Cameron savaient très bien que le CNT servait juste à camoufler la mise en branle des forces les plus rétrogrades à travers des identités politiques, tribales et religieuses d’avant la colonisation. La presse dominante a soigneusement caché le lynchage des Noirs libyens – il ne fallait pas réveiller la vigilance et la conscience des Noirs américains – sinon il aurait fallu expliquer que ce lynchage prévient de la vengeance de leurs anciens maîtres (ou de leurs enfants) qui ne leur auraient pas pardonné leur libération. Jeter un œil sur la Mauritanie et sur l’histoire des « Haratine » (ou « H’ratane » en Algérie) permet en effet de cerner la question.
Le retour au tribalisme, au clanisme, à la royauté religieusement obscurantiste des Senoussi, à l’idéologie esclavagiste des notables féodaux et au fétichisme et à l’animisme de la mort par la profanation des cimetières prélude à la mort spirituelle de la foi, voilà le contenu démocratique des bombes de l’OTAN et des gauches européennes, et voilà le contenu démocratique de certaines gauches algériennes qui ont tenté de nous vendre les « bienfaits » de l’OTAN par « la libération des Berbères » de Nefoussa. Fiction politique, fiction militaire, fiction sociale, le CNT ne servait donc qu’à couvrir l’action de forces réelles, mais rebutantes, que sont les tribus et leurs identités passéistes, l’OTAN, le Qatar, la CIA et ses Belhadj, ses Shalabi ou ses Jibril.
Quelques jours avant la proclamation de l’entité de Brêga ou Cyrénaïque, la presse française et sa comparse indigène ont commencé à lever le voile sur les crimes de guerre des « thouwars », sur le sort barbare réservé aux Noirs, sur les tortures jusqu’à la mort… Beaucoup de gens se sont interrogés sur l’origine de cette volte-face dans le traitement médiatique et se sont demandés s’il ne s’agissait pas d’une autocritique sans mea-culpa.
L’explication du mystère est tout entière dans la proclamation de cette nouvelle entité qui ruinait toutes les manœuvres de Sarkozy et ses ententes faussement secrètes avec le CNT. Cette autonomie de la Cyrénaïque n’était plus qu’une question de circonstances.
Pendant que le Qatar investissait sur le terrain dans les milices, dans les groupes djihadistes et dans les forces spéciales, et pendant que les Etats-Unis plaçaient leurs hommes passés par Guantanamo ou par la CIA dans les postes-clés, tout en téléguidant l’action du Qatar, des Saoudiens et de la Turquie, Sarkozy n’avait que la fiction du CNT pour signer ce fameux accord secret accordant aux Français le tiers du pétrole libyen. Et les Français n’ont eu que cette fiction du CNT pour croire à des contrats de reconstruction, d’armement ; ou encore ce contrat indécent de contrôle des frontières libyennes, côté algérien.
Durant la guerre d’agression, les analystes et observateurs avaient souligné le rôle de sous-traitant de la France. Elle se retrouve sans aucun recours. Sa seule planche de salut est d’aller contre les buts de la guerre qu’elle a exécutée pour le compte des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne et d’essayer de donner le maximum d’oxygène au CNT pour ne pas tout perdre. Du côté de la Tripolitaine et du Fezzan, la douche est glacée avec une prise de conscience d’enjeux autrement plus importants que celui de tenter de vivre la réalité à travers une PlayStation. Du coup, les milices se montrent prêtes à discuter d’intérêts supérieurs à ceux de leur univers tribal, en attendant que se décide le sort du pays en tant que nation et en tant qu’identité supérieure à celles des tribus. L’Algérie deviendra-t-elle le seul acteur régional capable d’éviter une implosion à la Libye ou, du moins, une implosion incontrôlée ? Quel paradoxe ! Surtout si l’on se souvient que le titre phare de la presse coloniale locale se faisait le relais des menaces d’un Abdeljalil reconnaissant aujourd’hui n’avoir aucun moyen d’assurer l’unité de la Libye. Retenons, quand même, la reconnaissance timide et honteuse des crimes des rebelles, tout en notant qu’elle cherche à occulter le pire d’entre eux : avoir servi de supplétifs à des agresseurs étrangers. Nous savons déjà que cette presse ne pleure pas les malheurs des Libyens mais cherche à détourner un cours de l’histoire qui fait de la France de Sarkozy le dindon de la farce américano-qatarinne dans ce pays.
Source : legrandsoir